comme un lendemain de soi

Mireille Batut d’Haussy

Collection hasta siempre

comme 75p

comme un lendemain de soi

Poésie – 213 pages – 20 euros – ISBN 978 – 2 – 919121 – 26 -7


À l’affût de ses aubes, au fil de ses lumières, il s’est écrit tout un hiver.

Sur les mouvantes frontières aux senteurs d’algues, mes longues marches parmi les mouettes et les sternes m’ont souvent permis d’accéder à une zone franche de présence et de vérité.

Mon crayon enregistrait à son tour, élans et retenues, surcharges et repentirs, comme la pointe encrée d’un baromètre où l’on néglige de changer le rouleau de papier.

« Marges », telle était ma façon de nommer ces textes commencés pendant les grandes marées, poursuivis dans les tempêtes puis les grands froids du début de l’année. Ils se sont accumulés comme laisse de mer.

La presqu’île déserte brassée par les éléments, ma maison secouée par la pluie et le vent, leurs nuits hantées de craquements et de cris, de vols heurtés d’oiseaux en détresse ont offert à cette écriture élémentaire un nid qui leur ressemble.

Dans le printemps juste entrevu d’un retour en ville, le travail s’est imposé avec la nécessité cruelle d’avoir à diviser ce qui ne pouvait être qu’un ; d’où ces recueils comme les trois mouvements d’une pièce qui aurait nom et accès interdits, tant que tout ne serait pas fini.

mbh


 

un hiver entier

Mireille Batut d’Haussy

Collection hasta siempre

un 75p

un hiver entier

Poésie – 199 pages – 20 euros – ISBN 978 -2 – 919121-25-0


C’est un lieu, un climat, une saison où ma raison d’être n’était que vivre de l’air du temps et m’interroger sur une pratique qui le dévorait quand le travail sur l’écriture des autres me le permettait.

Par chance, dans cette période, les manuscrits qui m’étaient confiés m’entraînaient très loin de moi, aussi loin que possible, aux antipodes où que je sois.

Plutôt que de parcourir le globe en surface, sans autre choix possible, j’empruntais chaque fois le plus court chemin: voyage au centre de la terre, descente aux enfers ; ces allers et retours n’avaient d’autre objet, d’autre matière que l’écriture elle-même livrée au combat toujours singulier avec le réel, ou le fuyant en vain pour mieux replonger dans l’arène.

Si je travaille sur fond de mélancolie comme d’autres peignent sur des toiles mal préparées, je n’ai pas peur, à force de gratter, de crever le support.
Tenter d’accéder à ce qu’il y a derrière et avant, en de ça et au-delà, serait-ce, après avoir délaissé tant d’autres moyens de m’exprimer, ma seule raison d’écrire?

mbh

 

effacé dans la marge

Mireille Batut d’Haussy

Collection hasta siempre

effacé 75p

effacé dans la marge

Poésie – 333 pages – 20 euros – ISBN 978-2-919121-24-3


Rédigées alors que le livre n’a d’existence physique pour personne, il faut bien consentir à ce que ces lignes lui appartiennent sans pouvoir encore s’en détacher.
Si le titre a germé à mesure, il m’est par contre impossible de poser sur ce recueil couvercle ou enseigne. Ni l’exposer ni le protéger, pas même en parler, sauf à m’interroger sur l’effacement et le lieu où il advient.

Ce qui, en cet endroit, s’est écrit dans la marge n’a pas le caractère ou le statut que cette place confère. Colonne étroite, elle contient d’ordinaire des remarques, des jalons, des repères ; dans un autre registre, s’y affirment, sous couleurs d’autorité, volonté et capacité d’approuver ou de sanctionner, sinon de moquer.

Ici, la marge serait un ourlet, cousu sur toute la hauteur, contenant à la fois viatiques et poisons ou juste le bourrelet grossier d’une cicatrice naturelle. Quant à l’effacé… fortuit, accidentel, il attire le regard, le retient, intrigue. C’est ce que l’on voit en premier, quand on n’est pas encore accroché au corps du texte qui s’affiche au propre; alors, il distrait notre attention du «reste». Volontaire, il nous inclut, nous implique, nous désigne comme l’auteur d’une effraction, d’un forfait.

Ni pâté ni gribouillis ; pas de superposition destinée à rendre illisible, inaccessible, l’intention initiale. Ni détruire, ni faire disparaître. Si la rature est une signature qui insiste, affirme son rapport aux repentirs nets ou occultés, à ce que l’on assume de cela même que l’on renie, l’effacé, lui, inscrit une friche aux contours flous, hantée de mystères. Il désigne un dessein, un remords qui fait briller, par l’absence provoquée, une aspiration écartée ou enfouie.

L’effacé trace le rebord d’un no mind’s land chargé d’empreintes qui appelle à se pencher, se rapprocher ; c’est le lieu de l’obscurité cachée par la clarté insolite d’un blanc, l’envers opaque d’une perte, d’un manque. L’arrachement, le trou dans la mémoire vers lequel convergent les reflets conjugués où lecture/écriture confondent tant elles se confondent… Mais prendre en flagrant délit les lentilles déformantes de ses logiques mensongères n’est pas encore parvenir à s’en défaire.

Bien qu’il soit le dernier des trois mouvements de la pièce où il s’insère,comme un lendemain de soi est peut-être celui qui assume le mieux le travail d’effacement, le conduit le plus loin vers une sorte de dépassement, sans prétendre y parvenir.

mbh


 

 

Croire en quelqu’un, qu’est-ce que c’est?

Paul-Frédéric Manolis

Collection Cahiers d’auteurs

Manolis Croire en quelqu'un , qu'est-ce que c'est

Croire en quelqu’un, qu’est-ce que c’est?

138 pages – 17 euros – ISBN 978-2-919121-23-6


Prose, fragments de longueur variée où la question titre est travaillée sous toutes (?) ses facettes. Observation de scènes réelles ou fantasmées, évocations, réminiscences, se mêlent à l’interrogation obsédante de la question posée avec ce qu’il faut de retour philosophique et artistique. L’auteur a porté son choix sur un « dessin », trace, esquisse/esquive de mandala en place d’une quatrième de couverture

Mireille Batut d’Haussy


 

Le reflet des méduses

Nakache Julie

Collection Fil à Fil

Le Reflet 75 1C

Le reflet des méduses
139 pages – 20 euros – ISBN 978-2-919121-20-5


A travers un récit à la fois mise en abyme et canevas, des êtres flous aux destins croisés luttent pour s’incarner au fil de pages qu’ils n’arrivent pas toujours à imprégner.

A la manière des vagues qui déferlent sur le rivage, ils creusent, inlassables, pour que s’imprime quelque chose de leur vérité.

« Mes romans interrogent sans relâche le mystère toujours renouvelé de l’écriture, celui des mots avec lesquels tentent de se dessiner nos existences vacillantes. »

« Croire aux vertus salvatrices de la littérature ne relève-t-il que d’une heureuse naïveté ? »… dont participerait la quête de ce nouveau livre, Le reflet des méduses ?


Née à Évreux en 1981, Julie Nakache enseigne les lettres modernes.

Après Il neige un peu de lui sur le seuil où elle attend, publié en 2010, Portraits au visage manquant, publié en 2014, Le reflet des méduses est son troisième roman.


en pure perte

Mireille Batut d’Haussy

collection hasta siempre

enpureperte75

en pure perte

Poésie – 386 pages – 25 euros – ISBN 978-2-919121-19-9


Sans prétendre ni feindre de le posséder, j’ai toujours essayé de donner ce que je n’avais pas.

De mai 2016 à janvier 2017, ce recueil s’est fait tout seul, dans une sorte de lâcher-prise, si l’on exclut le travail que m’a coûté de l’écrire moins que de le parler.

Il m’a tenu lieu de vie et le titre s’est imposé de lui-même, dès le début. J’aimerais qu’il ne fasse pas l’objet d’un malentendu ; le sens des textes qu’il rassemble s’y trouve, pour une grande part, contenu.

Qui je suis et ce que j’ai fait, avant, ailleurs et autrement, je préfère qu’on le laisse en blanc.

J’offre ce livre à ceux qui sauront y trouver, çà et là, quelque chose qui leur appartient déjà à ceux qui, au gré des pages, trouveront le galet qu’ils auront envie de ramasser pour le retenir, le garder, quelque temps… au fond de leur poche.

C’est pour eux qu’il a pris le risque d’exister.

mbh


Frontiés

Wateau Patrick

collection Diasthème

  fronties  Frontiès

156 pages- 20 euros / ISBN 978-2-919121-18-2


L’histoire, ce n’est pas son moindre mérite,

s’appelle histoire.

Au début, ce fut l’étrange état

d’un double exil

où je ne vivais plus, sans vraiment mourir.

Aujourd’hui, je sais que tout a commencé

à l’intérieur d’une seule question,

à laquelle j’ai voulu,

et voulu pour jamais, ne rien comprendre.


Want to Wake Alive

Starer Jaqueline

Collection Grand Ecart

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Want to Wake Alive
Essais 293 pages – 25 euros / ISBN 978-2-919121-17-5


 Avec K.B., Jacqueline Starer nous introduit au cœur de l’œuvre de Keith Barnes comme seule pouvait le faire celle qui consacre encore tant d’énergie à conserver, traduire et faire – entendre – la voix d’un homme dont la création prend en défaut toute classification réductrice. C’est pourquoi nous avons placé son édition bilingue à l’articulation de l’ouvrage en trois volets présenté ici, tandis que Les poèmes choisis sont livrés sans filet, sans retenue de sens.

Want to Wake Alive est une Ouverture à part entière, celle d’une Vie qui veut se réveiller Vivante. La texture, la trame sonore, les constellations harmoniques et polyphonies flottantes donnent à sa langue à claire-voie un impact sensoriel qui fait entrer en résonance nos mémoires et nos imaginaires musicaux, graphiques et picturaux. Si elles n’ont pas été éprouvées d’abord, le sens ne peut que les oblitérer, tant nous avons désappris à entendre et à recueillir ce qui nous désoriente à force de tendre à nous recentrer. 

Keith Barnes habite l’incarnation d’une évidence : la vérité de l’œuvre s’élabore comme une respiration de l’entre-deux où le son se conjugue à la lumière pour faire surgir d’une faille, d’une déchirure, d’une conscience insoupçonnée, le profil pur du réel qu’elle a sculpté. 

Avec Aussi petit que mon prochain, l’interprétation française de Jacqueline Starer défie la traduction et renvoie au cœur textuel qu’elle partage. 

MBH.