Le reflet des méduses

Nakache Julie

Collection Fil à Fil

Le Reflet 75 1C

Le reflet des méduses
139 pages – 20 euros – ISBN 978-2-919121-20-5


A travers un récit à la fois mise en abyme et canevas, des êtres flous aux destins croisés luttent pour s’incarner au fil de pages qu’ils n’arrivent pas toujours à imprégner.

A la manière des vagues qui déferlent sur le rivage, ils creusent, inlassables, pour que s’imprime quelque chose de leur vérité.

« Mes romans interrogent sans relâche le mystère toujours renouvelé de l’écriture, celui des mots avec lesquels tentent de se dessiner nos existences vacillantes. »

« Croire aux vertus salvatrices de la littérature ne relève-t-il que d’une heureuse naïveté ? »… dont participerait la quête de ce nouveau livre, Le reflet des méduses ?


Née à Évreux en 1981, Julie Nakache enseigne les lettres modernes.

Après Il neige un peu de lui sur le seuil où elle attend, publié en 2010, Portraits au visage manquant, publié en 2014, Le reflet des méduses est son troisième roman.


en pure perte

Mireille Batut d’Haussy

collection hasta siempre

enpureperte75

en pure perte

Poésie – 386 pages – 25 euros – ISBN 978-2-919121-19-9


Sans prétendre ni feindre de le posséder, j’ai toujours essayé de donner ce que je n’avais pas.

De mai 2016 à janvier 2017, ce recueil s’est fait tout seul, dans une sorte de lâcher-prise, si l’on exclut le travail que m’a coûté de l’écrire moins que de le parler.

Il m’a tenu lieu de vie et le titre s’est imposé de lui-même, dès le début. J’aimerais qu’il ne fasse pas l’objet d’un malentendu ; le sens des textes qu’il rassemble s’y trouve, pour une grande part, contenu.

Qui je suis et ce que j’ai fait, avant, ailleurs et autrement, je préfère qu’on le laisse en blanc.

J’offre ce livre à ceux qui sauront y trouver, çà et là, quelque chose qui leur appartient déjà à ceux qui, au gré des pages, trouveront le galet qu’ils auront envie de ramasser pour le retenir, le garder, quelque temps… au fond de leur poche.

C’est pour eux qu’il a pris le risque d’exister.

mbh


Frontiés

Wateau Patrick

collection Diasthème

  fronties  Frontiès

156 pages- 20 euros / ISBN 978-2-919121-18-2


L’histoire, ce n’est pas son moindre mérite,

s’appelle histoire.

Au début, ce fut l’étrange état

d’un double exil

où je ne vivais plus, sans vraiment mourir.

Aujourd’hui, je sais que tout a commencé

à l’intérieur d’une seule question,

à laquelle j’ai voulu,

et voulu pour jamais, ne rien comprendre.


Want to Wake Alive

Starer Jaqueline

Collection Grand Ecart

9782919121175_1

Want to Wake Alive
Essais 293 pages – 25 euros / ISBN 978-2-919121-17-5


 Avec K.B., Jacqueline Starer nous introduit au cœur de l’œuvre de Keith Barnes comme seule pouvait le faire celle qui consacre encore tant d’énergie à conserver, traduire et faire – entendre – la voix d’un homme dont la création prend en défaut toute classification réductrice. C’est pourquoi nous avons placé son édition bilingue à l’articulation de l’ouvrage en trois volets présenté ici, tandis que Les poèmes choisis sont livrés sans filet, sans retenue de sens.

Want to Wake Alive est une Ouverture à part entière, celle d’une Vie qui veut se réveiller Vivante. La texture, la trame sonore, les constellations harmoniques et polyphonies flottantes donnent à sa langue à claire-voie un impact sensoriel qui fait entrer en résonance nos mémoires et nos imaginaires musicaux, graphiques et picturaux. Si elles n’ont pas été éprouvées d’abord, le sens ne peut que les oblitérer, tant nous avons désappris à entendre et à recueillir ce qui nous désoriente à force de tendre à nous recentrer. 

Keith Barnes habite l’incarnation d’une évidence : la vérité de l’œuvre s’élabore comme une respiration de l’entre-deux où le son se conjugue à la lumière pour faire surgir d’une faille, d’une déchirure, d’une conscience insoupçonnée, le profil pur du réel qu’elle a sculpté. 

Avec Aussi petit que mon prochain, l’interprétation française de Jacqueline Starer défie la traduction et renvoie au cœur textuel qu’elle partage. 

MBH.


 

Portraits au visage manquant

Nakache Julie

Collection Fil à Fil

9782919121168_1

Portraits au visage manquant
Roman – 140 pages – 20 euros / ISBN 9782919121168


Pour avoir voulu donner un visage à ce qui n’en peut avoir, un peintre a du sang sur les mains. Il fuira le chant des sirènes sans parvenir à se délivrer de ce qui le hante.

Élise, la femme végétale inséparable de sa chienne, le fait pénétrer dans son jardin des métamorphoses; là, ils vont conjuguer puis défier les figures de leur enfer.

Entre l’avant et l’après, un carnet bleu creuse le sillon d’une écriture où tout doit éclore.

MBH


Née à Évreux en 1981, Julie Nakache enseigne les lettres modernes. Après Il neige un peu de lui sur le seuil où elle attend, publié en 2010, Portraits au visage manquant est son second roman.


Une ombre entre deux arbres

Peysson Jean

Collection Fil à Fil

peysson2 Une ombre entre deux arbres

Poésie – 138 pages – 15 euros / ISBN 9 782919 121151


Lorsque Jean Peysson accepte de se présenter, nous ne pouvons résister au plaisir de partager,  voici :  » le bonheur n’est pas de chercher le bonheur mais d’éviter l’ennui », écrivait Flaubert          et il ajoutait : « C’est faisable avec de l’entêtement. »

Avec entêtement donc, Jean Peysson, après avoir été professeur de lettres pendant 20 ans, et secrètement poète, démissionne de l’Éducation Nationale, devient saltimbanque, comédien, clown, Léandre de commedia del arte, crée une troupe de théâtre, écrit et met en scène une cinquantaine de pièces, fonde une école dramatique, une autre de clowns, sillonne les routes de France et d’ailleurs, rêvant d’Illustre Théâtre.

L’ennui le guette-t-il dans cette vie si riche en rencontres, si fructueuse en créations ? du moins le craint-il sans doute. Il s’isole, devient ermite, se plonge dans une sorte de quête archéologique de la mémoire d’où émerge un texte : « Le dernier des fils ». Refusé partout, le texte, après avoir été perdu pendant plusieurs années est retrouvé et édité par les éditions d’écarts.

Jean Peysson, entretemps, a quitté le monde du théâtre. Il se consacre uniquement à l’écriture.    Pas uniquement cependant, puisque, par entêtement encore, sollicité par ses concitoyens, il devient maire de sa commune d’adoption, un petit village perdu dans la montagne; il commence même un deuxième mandat.

C’est pendant ses années de fonction qu’il écrit des poèmes centrés sur le processus de création littéraire confronté au poids du réel. Ces textes, qui disent, avec la plus grande simplicité l’amour de la nature, le poids de la charge, l’empoignement de l’être par l’exigence la plus élevée possible, sont rassemblés dans un recueil : « Une ombre entre deux arbres », aux éditions d’écarts toujours.


« On ne se bat bien que pour les causes qu’on modèle soi-même et avec lesquelles on se brûle en s’identifiant. » (René Char)


Exposée

Nodé Langlois Béatrice

Collection Cahiers d’auteurs

9782919121120_1

Exposée
162 pages – 20 euros
 / ISBN 9 782919 121120


 Récension par Raphaëlle Pia :

Le titre à plusieurs sens, « Exposée », annonce une histoire qui se déroule sur plus d’un registre.

L’argument principal ne manque pas d’originalité. Au cours d’un dîner mondain un marchand d’art connu prend la parole et se pare de l’importance fantasmée par le personnage principal, femme et peintre. Une rencontre entre eux finit par se produire. Le galeriste apprécie les œuvres de cette artiste et lui programme une exposition. Eblouie par le projet, elle se met à travailler comme jamais. L’exposition a lieu, ne se passe pas bien et même de façon bizarre… Les épisodes se truffent de souvenirs, scénettes, petites choses du quotidien, complications et coups de théâtre.

Le rythme nous tient en haleine. Le moins qu’on puisse dire de Béatrice, est qu’elle sait écouter. De là, sa sensibilité au rythme formel de l’œuvre écrite ou peinte, de là aussi la cadence du livre, structuré comme un poème ou un essai, à la façon du Discours amoureux  de Roland Barthes. Il s’ordonne en douze strophes, chacune annoncées par un titre long comme un vers ou une sentence ou un proverbe, résumant non sans humour le contenu du chapitre, comme le fait la « morale » des fables.

La relation des faits, toujours concise comme un scénario de film, s’anime de nombreuses remarques graves, pour ainsi dire rejetées sur les côtés – rasant les murs – pour passer inaperçues. La plupart du temps, elles trébuchent dans des jeux de mots: dérapages sur les deux sens d’un même vocable, dérives sur un élément secondaire, associations d’idées pour déboucher en poésie. La décision de ne surtout pas se prendre au sérieux, domine. Pour y parvenir l’auteure se dédouble et invente un « autre » qui lui parle et la semonce. Ce « surmoi » prend l’aspect d’un courant d’air, des murs de la galerie ou de l’ami Edouard. Chaque fois le dialogue pose des questions importantes mais aussitôt il s’allège, se tourne en dérision et évite de conclure. Le passage vers l’imaginaire se fait d’une manière quasi rationnelle. Basé sur des locutions à plusieurs sens, celui qui est choisi se trouve, d’une part, raccordé logiquement au contexte, d’autre part, le plus propre à développer le rêve. Le passage du réel à l’irréel ainsi se justifie ce qui surprend et amuse. Une grande liberté de ton traverse la langue. Des manières du langage parlé ou de l’argot côtoient les termes les plus châtiés et provoquent le même effet de drôlerie.

Le déroulement verbal ressemble à celui de la ligne dans les peintures récentes de l’auteure. Le dessin se déploie sans idée préconçue, après de nombreuses esquisses pas tout-à-fait recouvertes, il reste, un profil, un corps à l’envers, des jambes en pleine course, s’enchaînant avec un autre profil tout aussi agité, qui s’avère être la tête d’un personnage, invisible d’abord, puis peu à peu révélé. Une nécessité autre que la raison enchaîne les éléments. Extraits de la masse par trituration ils finissent par se fixer l’un après l’autre. La surface se remplit entièrement jusqu’aux marges réservées tout autour. Nous ressentons les tensions qui ont présidé à la construction et nous imaginons les questions qui ont dû se poser au fur et à mesure. Dans le livre, les phrases, d’abord écrites au fil de la plume librement, ont visiblement subi la même cure de rigueur. Du coup les métaphores sont d’une rare qualité : par exemple l’amitié comparée à un tricot « une maille dessous pour recevoir, et une maille dessus pour donner » ou bien à propos de deux corps liés par l’amour nocturne : « le jour est comme une épée, il sépare ». Le plus souvent ces comparaisons puisent dans l’expérience de la femme au foyer et dans ce qu’il est convenu d’appeler « les petits riens » qui font la vie.

Une question court tout au long des pages, « qu’est-ce que créer ? ». Prise de front, elle coupe le souffle, surtout si elle est posée à une petite bonne femme de rien du tout. Chaque fois, elle est donc aussitôt évincée. Mais sans en avoir l’air, la réponse transparaît partout. Par exemple, le travail quotidien à l’atelier ne décrit rien d’autre que le processus d’un type précis de création.

Tout peintre engagé dans une pratique voisine de celle de Béatrice Nodé-Langlois peut témoigner de la justesse de ce qu’elle décrit avec tant de verve.

Lorsque le travail vient bien, Béatrice se rappelle de la façon de dire « le bonheur d’expression ». C’est que le sentiment de réussite formelle déclenche un vrai plaisir. Quand elles sont accrochées à la galerie, les peintures deviennent en effet, étrangères à leur auteur. Il est vrai aussi, que « nous ne voyons pas ce que nous sommes en train de faire ». Le « formidable plein les yeux » montre le ressenti devant la nature si c’est elle qui inspire le travail. Laver les pinceaux en fin de séance entraîne effectivement le regret de voir partir dans l’eau sale, tous les pigments inutilisés. Comme elle le note les artistes vivent dans l’alternance, exaltation et périodes creuses, vides d’inspiration. Et ils connaissent de l’intérieur ce qui est dit du vernissage: la célébration du « mariage du peintre avec sa peinture » mais aussi, les petites jalousies concomitantes, et les propos mondains, décalés par rapport à l’attente de l’artiste, à commencer par la vente et les prix.

Cet ouvrage relate l’expérience d’une femme qui se voue à la peinture et à l’écriture, sans y puiser la moindre vanité. Il se pétrit de l’éternelle – irrémédiable? – modestie du « deuxième sexe ». A force d’exagération, ce complexe habituellement paralysant, se transforme ici en son contraire et devient source de création.


 

des papillons violets plein la bouche

Manolis Paul-Frédéric

Collection Fil à Fil

9782919121106_1_75

des papillons violets plein la bouche
63pages – 15 euros ISBN 9 782919 121106


Inscrit entre les lignes d’une partition dont l’effacement sans cesse fait retour, chambre d’écho d’une parabole en souffrance, à peine lu, ce texte veut être saisi/dessaisi de son propre saisissement.

Jeune, l’auteur étouffe ou flotte dans les mots des autres, c’est selon.

Aucun à ses mesures.

Seul. Il va affronter seul l’indifférence, le rien

– effroi sans visage de l’à peine entrevu – ou, qui sait? exposé, surexposé.

Mais seul. Pas le choix.

L’intégrale de la solitude comme unique bouclier pour décapiter les rejetons démultipliés de Méduse.


Paul-Frédéric Manolis a vingt-et-un ans quand est publié ce texte, longuement retravaillé. Entre les espaces de la scène, de l’étude et de l’écriture, il chasse, repère et creuse les souffles de son arrachement pour qu’émerge une voix propre et n’en finir plus d’habiter la parole qui l’anime.