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Frontiés

Wateau Patrick

collection Diasthème

  fronties  Frontiès

156 pages- 20 euros / ISBN 978-2-919121-18-2


L’histoire, ce n’est pas son moindre mérite,

s’appelle histoire.

Au début, ce fut l’étrange état

d’un double exil

où je ne vivais plus, sans vraiment mourir.

Aujourd’hui, je sais que tout a commencé

à l’intérieur d’une seule question,

à laquelle j’ai voulu,

et voulu pour jamais, ne rien comprendre.


Itinérance et pas-Tome 1

Wateau Patrick

collection Diasthème

itinerance-i
Itinérance et pas – 
Tome I – Un autre néoplatonisme
ISBN 978-2-912824-97-4 / philosophie/ 25 euros.


Tout ce sur quoi le dicible n’a pas encore mordu est-il l’indicible ? une partie seulement ? rien de lui ? Faut-il que l’Expérience trouve à s’exprimer en modifiant les angles et en creusant l’écart entre le Principe et le monde ? Car l’appelant n’est pas opposé à l’abstraction réflexive, mais il veut d’abord qu’elle ne soit pas le point de départ ; il veut qu’elle reconnaisse son caractère de mouvement second, possible seulement si le mouvement premier donne force au silence de la nescience et maintient là ses exigences.

« Autant le Grand Jeu se voulait métaphysique, autant le néoplatonisme est une mystique expérimentale, expérence mystique relancée par la transcendance ineffable. Si le Principe n’est plus vivant que dans le sens dynamique de son unité transcendante, l’expérience de cet infini est d’abord l’expérience par laquelle l’Un manque essentiellement. »

( Tome 1, p. 315 )


Itinérance et pas -tome 2

Wateau Patrick

collection Diasthème

itinerance-ii
Itinérance et pas
Tome II – S e u l  v e r s  l e  S e u l
ISBN 978-2-912824-98-2 / poésie/ 15 euros.


Dans la mesure où le discours est toujours déjà dépassé, l’ineffable étant éprouvé par-delà ce dépassement, on pourrait se demander si le silence originaire diffère du silence de ce qui n’a pas encore été dit. L’audace de la parole poétique apporte t-elle une réponse ? L’ineffable est-il exprimable parce qu’il suscite un exprimant au-dessous de lui ? Cet exprimant doit-il être nécessairement poétique ? Et pourquoi l’expérience mystique aurait-elle besoin d’une mise en forme littéraire qui viendrait la dénaturer ? On le voit, l’ignorance s’éprend d’elle même quand tout l’interroge.

Ainsi naît la mystique.  PW.


Est-elle vivante

l’épreuve

de

se purifier ?

De prendre le teint de l’os

avec une virginité ?

Elle est une respiration faite séparation.

« Si l’hénologie négative cherche à identifier l’Un au-delà de l’être, sans être et sans condition, sans même d’hénologie, la condition humaine renvoie malgré tout à ce qui fait exister sur terre ( poème tolmique autant qu’exérétique , en sachant que cette part se déplace du champ simplement poétique vers une autre simplicité. »

( tome 2, p. 25 )


«  La cendre n’est pas seule trace de la foudre ;

elle l’est du vide,

lui-même foudroyé. »

( tome 2, p 139 )


«  Tranchant du crâne,

un retire deux,

fend par le milieu la pierre du sacrifice. »

( tome 2, p. 160 )


Patrick Wateau, poète et peintre, est né en 1959.

Publications de Patrick Wateau:

ÉDITIONS JOSÉ CORTI : Minerve,1999. / Bernard Noël ou l’expérience extérieure, 2001./ Docimasie,2001./ Semen-contra,2004./ Hécatonomie,2004./ Ingrès,2006. /Essai d’héréticité,2008. ÉDITIONS OBSIDIANE : Sklêros, 2007. ÉDITIONS UNES : Les douze questions de mendicité, 1997. / Rien simple ou pur, 1997./ Par argument de mort,1999./ Le non-dormir, 1999.ÉDITIONS ATELIER LA FEUGRAIE: Terre de sédentarité,1995./ Le plus doucement du monde,1999. /Abruption,2003./ Incende Noir nominal,2008. ÉDITIONS GRÈGES: J’ignore,2010.

La présentation de l’éditeur

Tout ce sur quoi le dicible n’a pas encore mordu est-il l’indicible ? Une partie seulement ? Rien de lui ? Faut-il que l’Expérience trouve à s’exprimer en modifiant les angles et en creusant l’écart entre le Principe et le monde ? Car l’appelant n’est pas opposé à l’abstraction réflexive, mais il veut d’abord qu’elle ne soit pas le point de départ ; il veut qu’elle reconnaisse son caractère de mouvement second, possible seulement si le mouvement premier donne force au silence de la nescience et maintient là ses exigences.

Les premières lignes

Il est des rencontres malheureuses entre poètes et philosophes. En 1801, après la lecture de celui qui pensait avoir aboli le savoir métaphysique, Kleist vécut une véritable détresse et «l’impression de devenir une de ces victimes de la folie comme la philosophie de Kant en a tant sur la conscience». Ce bouleversement lui révèle l’idée «qu’ici-bas nous ne savons rien, absolument rien, de la vérité, que ce que nous nommons ici vérité porte un autre nom après la mort et que, par conséquent, vains et stériles sont les efforts visant à nous acquérir un bien personnel qui nous accompagne jusque dans la tombe – cette pensée m’a ébranlé dans le sanctuaire de mon âme. Mon seul But, mon but suprême a disparu, et je n’en ai plus». Face au poète de la fragilaria se dresse le critique de la raison pure, celui qui nous interdit de dépasser, dans nos jugements, les limites de l’entendement, mais celui aussi pour qui nous ne pouvons nous passer de l’idée de Dieu qui transcende l’usage empirique de l’entendement. Ceci demeure un obstacle. Pourtant, lorsque Kleist se sentit délivré de l’obligation de poser le problème en termes kantiens, une partie de la solution lui apparut : la poésie comme intention dans la langue. Un tel événement est signifié quand il respecte dans l’ordre de l’énoncé ce qui le précède dans l’ordre d’une signification vraie, aspirant au réel de ce qui est dit. Chez les romantiques allemands, cette situation de décision dans l’incertain du langage prend la forme de l’analogia symboli, décision entendue comme celle des premiers poètes grecs créant et fixant les mythes. Ici, l’analogie rend possible l’idée d’une participation dans l’ordre de l’immanence. Pour les Grecs, le savoir est étonnamment devant la nature et contemplation. D’où l’importance d’une pensée naissant à même la poésie. Le Grec assigne à chaque chose une essence, à chaque cause une fin. La seule difficulté vient de l’impossibilité d’exprimer le Principe dans les mots, le réel dans le communicable. Cette pensée se transforme en un système d’essences qualitatives qui tendent si fort à l’être, que l’existence semble s’évanouir dans les qualités qui la déterminent. La solution contemplative, unitive et silencieuse, se voue à un inatteignable affirmé dans l’extinction de la parole. Une solution tardive vouera le discours à l’approximatif et à la dialectique sophistique du vrai et du faux. L’être dira encore l’unité, mais l’unité idéalement relative, impliquant une multiplicité fondamentale, à savoir celles des essences diverses, recevant ou susceptibles de recevoir l’existence (et de la recevoir selon une manière propre à chacune). Face à ces énoncés du banal lieu commun, affirmer le principe originel devient la plus poignante des exigences. Hier, pensée et chose en soi, conçues de manière kantienne, menaient à un agnosticisme n’assurant plus les raccords; aujourd’hui, parce qu’elle ne retrouve pas l’unité de ses notions, l’ontologie se veut pluri-régionale, résolument non unitaire. Mais l’inadéquation entre unité et multiplicité n’empêche pas la nostalgie de l’analogie. L’adéquation totale supprime la poésie au profit du savoir. L’absence d’analogie provoque l’effondrement.