éditions d’écarts

éditions d‘écarts
12-14 grande rue des Stuarts 35120 Dol de Bretagne-France-

Les éditions d’écarts ont été créées en 1997. Leur objectif : découvrir et faire connaître des auteurs vivants dont le rapport à la pensée et à l’écriture s’enracine dans les valeurs humaines qu’elles défendent contre modes et autres rapports de force. Avec le temps des grands noms sont venus les rejoindre et des plumes émergentes ont progressé et fait leur chemin. L’éditeur choisit et retravaille les manuscrits avec les auteurs, accompagne chaque étape de la fabrication du livre. Les écarts ne sont affiliés à aucun réseau de diffusion ni de distribution ; ses appuis sont les libraires de métier et surtout les lecteurs qui peu à peu ont fait leur réputation. La qualité des textes édités, la réalisation soignée et la sobriété de présentation des différentes collections font que les livres des écarts apparaissent aux professionnels et aux collectionneurs comme des ouvrages « de longue garde ». Les titres qui figurent au catalogue sont disponibles, sauf indication contraire, très rare ; les commandes directement adressées à l’éditeur sont envoyées sans frais de port ou livrées sous 48h, les jours ouvrables.

Beaucoup de plateformes commandent, distribuent et vendent les livres des éditions d’écarts – minuscules et pluriels partout –

contact@ecarts-galeriembh.com

claudecheyron@orange.fr

Filles de Delphes

Mireille Batut d’Haussy

collection Cinécrit

Filles de Delphes

294 pages – 20 euros – ISBN 978 2 919121 32 8

La fable fait éclater le récit, comme les mythes dont elle se nourrit en aveugle ; souvent, à son insu. 

Aucun contexte, détail matériel ou chronologique, ne parvient à lester assez le roman qui les accumule pour mieux nier leur poids, toujours lui échapper ; déplacer l’histoire sur une autre scène, parfois plusieurs en même temps. 

Les anecdotes, triviales ou mesquines que véhiculent les groupes d’époque, ne parviennent ni à intégrer ni à entamer les échanges, les combats singuliers qu’elles croisent, stigmatisent sans jamais les contaminer, les retenir ni leur appartenir. 

De l’actualité ne restent que les images brûlées d’une pellicule où pailles et sons ont échappé aux tissus usés qui prétendaient leur donner formes. 

Ce livre s’est construit, refermé, resserré, a fonctionné comme un piège, un labyrinthe de miroirs étagés où toute figure est vouée à épouser l’Autre sans retour. 

Moins pour accéder ou atteindre que pour communiquer en échos, de reflets en reflets. 

Mbh

La dernière page de « Filles de Delphes » est tournée que, comme le personnage d’Anne, « on refuse de quitter son siège » saisi par la mélancolie d’un passé non vécu.

La plume de Mireille Batut d’Haussy nous convie dans l’intimité fébrile de la danse, «  un corps, un vrai, c’est une âme qui brûle sa matière pour trouver sa lumière »,ou tourmentée de la peinture, « je ne terminerai jamais cette toile….il vaut mieux mettre fin à ce ridicule travail de Pénélope » . Elle nous installe dans un café fréquenté par Artaud et nous fait retrouver l’essentialité de notre enfance « le pire c’est quand les hommes, comme toi et moi, ne savent plus ni ce qu’ils aiment ni ce qu’ils veulent….jusqu’à ce qu’ils redeviennent assez petits pour rechercher le grand, l’unique aquarium qui voudrait encore d’eux. »

La même plume nous murmure « qu’édifier dans l’éphémère, avec le produit d’érosions immémoriales, c’est l’essence même de la poésie… »

Filles de Delphes est l’aventure des aventures de vies en quête de la sortie des labyrinthes.

Noir salle !

Jean-Marie Lejude, metteur en scène, écrivain.

Nelson n’était peut-être… même pas son nom

Mireille Batut d’Haussy

collection Cinécrit

95 pages – 15 euros – ISBN 978 2 919121 33 5

Ce qui est raconté, ici, de cette histoire, reste nommé selon son lieu et son temps d’amour en souffrance. 

Mais elle se rejoue chaque jour quelque part ; tous les jours en mille lieux. 

Et jamais rature n’a moins signifié oubli et dépassement. 

Fidèle à celle qu’on m’a forcée à être, je le suis à ceux pour lesquels je l’ai été. Je continue à les aimer d’un amour si fort qu’il me tient en vie pour continuer à les invoquer, à les appeler, pour dire Non en leur Nom, comme circule le sang de la parole donnée. 

Avec le désir profond de n’avoir plus à se retourner, chaque fois, parce que l’on porte en soi l’essence de cette histoire-là. 

Mbh

Avec Nelson n’était peut-être… même pas son nomde Mireille Batut d’Haussy on est dans l’Histoire, celle de la dictature. 

« Les serrures sont montées à l’envers », ce qui fait sortir les mots de leurs gonds ; ils sont tirés-éclatés au-delà des murs, des corps, des pleurs, des haines et des colères. Vers l’au-delà de l’incompris. Ils savent les lumières et le son cinématographiques aussi bien que le trop plein du vide des écrans. Ils ont le jeu des motscomme arme déstabilisante où s’inventent des faux noms pour des innommables. Ils ont la violence de l’épure toute crue qui trouble et fascine.

Et l’auteure de nous avertir : « tant que l’on n’a pas traversé la fascination du mal, tant que l’on n’a pas repoussé la tentation de ne faire qu’un avec soi, on ne sait pas qui l’on est. » 

Le récit en forme de film qu’elle nous livre est peut-être une partie de son Non.

Jean-Marie Lejude, metteur en scène, écrivain.

Jeanne, pour mémoire

Silvain Charreton

Collection Fil à Fil

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Jeanne, pour mémoire

91 pages – 12 euros – ISBN 978 2 919121 31 1


« Je viens de lire « Jeanne, pour mémoire ».
Au-delà du livre, c’est un SMS qui m’est adressé avec l’urgence, l’essentiel et la rigueur de dire.
Au-delà de l’auteur, Silvain Charreton est un passeur d’Instants. »

Jean-Marie Lejude, metteur en scène, écrivain.


Riant aux papillons d’or

Nodé-Langlois Béatrice

collection Fil à Fil

BNL OCT 19 1

Riant aux papillons d’or

331 pages – 25 euros – ISBN 978 2 919121 28 1


Riant aux papillons d’or évoque une aventure vécue à la lumière du Roi Lear (Shakespeare). Ce genre d’aventure s’appelle aujourd’hui un « accompagnement ». Celui que j’ai accompagné, et continue d’accompagner dans ce « roman », est mon père, un quasi-centenaire qui a été ingénieur, vient d’être diagnostiqué Alzheimer, mais garde encore beaucoup, beaucoup de caractère.
L’accompagnante, la narratrice, est sa fille, peintre et écrivain dans la soixantaine. Presque tous les jours, de 2000 au 29 janvier 2004, elle est allée chez son père. Elle a observé avec émotion, admiration et agacement ses façons de parler et de se comporter. De vieilles oppositions en ont profité pour refaire surface. Les traces de chocs frontaux. Mais aussi des attachements et des attirances dont elle ne se doutait pas.
Ces quatre années furent à l’image de mon père : concrètes, tendres, courageuses, tragiques, cocasses, intemporelles, saugrenues.
« (…) Ce n’est pas vraiment triste. Ou pas encore. Ou pas tous les instants. C’est autre chose. Une sorte de révélation. La vie, notre vie, a changé de ton et d’allure. Nous avons moins envie de nous distraire. Ou moins souvent. Ou plus follement… Quelque chose d’autre a commencé. Qui n’est pas funéraire. Qui n’est même pas une agonie. Quelque chose qu’on ne sait pas. Qui prendra du temps ? Ou n’en prendra pas ? Quelque chose, en tout cas, de diablement là ! Plus diablement là que tout ce que nous pouvons goûter, toucher, voir ou entendre. De ce quelque chose nous ne connaissons que le nom : la mort (…) »

BNL


 

 

Phénoménologie de la transcendance – Livre II : Humanité

Nordmann Sophie

Collection Diasthème

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Phénoménologie de la transcendance Livre II : Humanité

113 pages – 15 euros – ISBN 978-2-919121-30-4


« Un être qui accède à l’idée d’Humanité et à l’impératif de son respect absolu n’est pas tout entier compris dans le champ du monde […]. Dans la mesure où il porte, en lui et au monde, l’ouverture sur autre chose que le monde, il ne relève pas intégralement de l’ordre du monde. Un tel être est au monde tout en étant d’un autre ordre que le monde : il est au monde sur le mode de l’incommensurable. » (II.3 p.27)


 

Débuts d’histoire

Nicole Barré

collection Fil a Fil

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Débuts d’histoire

157 pages – 20 euros – ISBN 978-2-919121-29-8


-Débuts d’histoire- de Nicole Barré réunit Séparations (1999) et Sans histoire (2001) recueils épuisés, dans des versions revues et corrigées.
Plus que de courtes nouvelles, il s’agit de fragments d’histoires prélevés du côté de la fin ou de la chute. Sans histoire tient aussi du poème en prose.

A partir de ces morceaux de vie qui relèvent de tragédies ordinaires dont tout lyrisme est évacué par un style à bout portant, on refait sans cesse le chemin vers l’origine, celle d’une d’histoire singulière noyée sous ses facettes plurielles et c’est ainsi que chaque fois elle pourrait débuter. D’où le choix d’un titre qui crie à quel point on désespère de parvenir au point initial.


 

Exil du vent

Lewigue

Collection Fil à Fil

exilduvent

Exil du vent

Poésie – 110 pages – 15€ – ISBN 9782912824868


Troisième volume de ses poésies complètes, Exil du vent contient les derniers manuscrits inédits susceptibles d’être publiés in extenso.
Nous devons maintenant nous aventurer dans la forêt du journal et des cahiers d’atelier du peintre dont la fièvre donne lieu, à partir de 1964 et jusqu’à sa mort en juillet 2005, à des expositions annuelles en France et à l’étranger.
L’historienne, écrivain d’art, Lydia Harambourg a pu témoigner à quel point Lewigue s’était lancé à corps perdu dans «… la conquête d’un espace où le doute et le désir libéraient la couleur dans la forme, pour un langage nouveau, un langage accordé au monde de demain.»
C’est à rencontrer ce langage haute tension que les éditions d’écarts vont désormais se risquer.


 

comme un lendemain de soi

Mireille Batut d’Haussy

Collection hasta siempre

comme 75p

comme un lendemain de soi

Poésie – 213 pages – 20 euros – ISBN 978 – 2 – 919121 – 26 -7


À l’affût de ses aubes, au fil de ses lumières, il s’est écrit tout un hiver.

Sur les mouvantes frontières aux senteurs d’algues, mes longues marches parmi les mouettes et les sternes m’ont souvent permis d’accéder à une zone franche de présence et de vérité.

Mon crayon enregistrait à son tour, élans et retenues, surcharges et repentirs, comme la pointe encrée d’un baromètre où l’on néglige de changer le rouleau de papier.

« Marges », telle était ma façon de nommer ces textes commencés pendant les grandes marées, poursuivis dans les tempêtes puis les grands froids du début de l’année. Ils se sont accumulés comme laisse de mer.

La presqu’île déserte brassée par les éléments, ma maison secouée par la pluie et le vent, leurs nuits hantées de craquements et de cris, de vols heurtés d’oiseaux en détresse ont offert à cette écriture élémentaire un nid qui leur ressemble.

Dans le printemps juste entrevu d’un retour en ville, le travail s’est imposé avec la nécessité cruelle d’avoir à diviser ce qui ne pouvait être qu’un ; d’où ces recueils comme les trois mouvements d’une pièce qui aurait nom et accès interdits, tant que tout ne serait pas fini.

mbh


 

un hiver entier

Mireille Batut d’Haussy

Collection hasta siempre

un 75p

un hiver entier

Poésie – 199 pages – 20 euros – ISBN 978 -2 – 919121-25-0


C’est un lieu, un climat, une saison où ma raison d’être n’était que vivre de l’air du temps et m’interroger sur une pratique qui le dévorait quand le travail sur l’écriture des autres me le permettait.

Par chance, dans cette période, les manuscrits qui m’étaient confiés m’entraînaient très loin de moi, aussi loin que possible, aux antipodes où que je sois.

Plutôt que de parcourir le globe en surface, sans autre choix possible, j’empruntais chaque fois le plus court chemin: voyage au centre de la terre, descente aux enfers ; ces allers et retours n’avaient d’autre objet, d’autre matière que l’écriture elle-même livrée au combat toujours singulier avec le réel, ou le fuyant en vain pour mieux replonger dans l’arène.

Si je travaille sur fond de mélancolie comme d’autres peignent sur des toiles mal préparées, je n’ai pas peur, à force de gratter, de crever le support.
Tenter d’accéder à ce qu’il y a derrière et avant, en de ça et au-delà, serait-ce, après avoir délaissé tant d’autres moyens de m’exprimer, ma seule raison d’écrire?

mbh